Samedi 8 Août: la Magnéto à la conquête des étoiles
Il est des jours, chers lecteurs, où le destin semble avoir pris rendez-vous avec l'aventure, et le samedi 8 août fut assurément de ceux-là. Car ce jour-là, La Magnéto du Rouergue — cette noble confrérie que rien n'effraie, ni les kilomètres, ni les caprices du ciel — reprit une fois encore la route, le cœur vaillant et le projet chevillé au corps : aller, à la nuit tombée, serrer la main aux étoiles.
Douze voitures, pas une de moins, s'élancèrent donc de bon matin vers Montézic, tel un escadron parti à l'assaut d'un ouvrage fortifié. Mais l'ouvrage, cette fois, ne se dressait pas vers le ciel : il plongeait dans les entrailles de la terre, à quatre cents mètres sous nos pieds, où gronde la deuxième centrale hydroélectrique de France par la puissance. Nos voyageurs y descendirent comme on descend dans un roman de cape et d'épée, avec cette curiosité mêlée d'un peu de vertige qui sied aux grandes découvertes.
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Pendant que les uns s'enfonçaient ainsi sous la montagne, d'autres, plus attirés par le tumulte des eaux libres, filèrent vers la cascade du Saut du Chien, où l'écume se jette avec une fureur toute romanesque contre les rochers, comme pour rappeler que la nature, elle aussi, sait faire du panache.
Puis, ô surprise délicieuse, notre troupe se retrouva au Château de Valon — et c'est ici, mes amis, que l'Histoire faillit se répéter ! Car certains de nos compagnons, gagnés par le charme du lieu, ne purent résister à l'appel du costume et se virent, l'instant d'un après-midi, drapés en seigneurs et damoiselles du Moyen Âge. On eût dit, à les voir ainsi vêtus, que le Roi Arthur lui-même allait surgir de la cour d'honneur pour les convier à un tournoi.
Mais l'aventure ne s'arrête jamais en si bon chemin : il fallut reprendre la route, faire halte au barrage de Sarrans, dont la masse impose le respect autant qu'elle inspire la rêverie, avant de gagner la presqu'île de Laussac, où un pique-nique bien mérité vint récompenser tant de vaillance et de kilomètres avalés.
Enfin, à vingt et une heures trente précises — car même les chercheurs d'étoiles ont leurs consignes ! — toute la compagnie se rassembla à l'observatoire de Frons, près de Thérondels, prête à lever les yeux vers l'infini.
Hélas ! Le ciel, ce soir-là, se fit capricieux comme une belle qu'on courtise en vain : les planètes, invisibles, se dérobèrent derrière un voile de nuages, refusant obstinément de s'aligner pour nos vaillants voyageurs. Mais qu'importe le mauvais vouloir des astres ! Car sous la coupole, devant le télescope muet mais éloquent, on sut nous conter l'Univers avec tant de passion que nul ne regretta le détour — preuve, s'il en fallait une, que l'aventure, la vraie, ne se mesure jamais à ce que l'on voit, mais à ce que l'on vit.
Et c'est ainsi, chers amis, que se referma cette journée de La Magnéto du Rouergue : une journée où l'on descendit sous terre, où l'on revêtit les habits du passé, où l'on marcha au bord des flots et où, faute d'étoiles, on trouva malgré tout de quoi rêver...
































